La ville appelée à surveiller ses comptes
J'ai dit plusieurs fois durant la campagne que les comptes de la ville étaient sur une mauvaise pente, aujourd'hui c'est le préfet qui l'écrit
».
Michel Moyrand le regrette, pour l'état des finances de « sa » collectivité, mais s'en réjouit
pour prouver qu'il a eu raison : l'état de santé financier de Périgueux est jugé inquiétant. Pour preuve, vendredi dernier, le
trésorier-payeur général (TPG) et le préfet de la Dordogne ont inscrit Périgueux dans le réseau d'alerte sur les finances locales. Un appel à la vigilance en quelque sorte destiné aux élus à la
tête de collectivités dont les comptes dérivent .
« Pas un tableau de déshonneur »
Via un logiciel à Bercy (ministère des Finances) et au ministère de l'Intérieur, le croisement de différents critères permet de repérer les situations délicates, résume en substance le TPG, Jacque Valade, se défendant toutefois de créer ainsi « un tableau d'honneur ou de déshonneur » Même si les « listés » sont dans une « situation financière méritant attention » reconnaît le même haut responsable.
« Nous leur disons qu'ils vont devoir être prudents dans leur gestion et nous leurs proposons notre aide si besoin », résume sobrement Jean-François Tallec, le préfet, désireux de modérer la situation périgourdine. « La commune est à peine au niveau qui mérite notre attention. Vraiment pas dans un degré de gravité élevé ».
« Ce sera pire pour 2008 »
Une volonté de modération que l'on ne retrouve évidemment pas à la mairie. Au contraire. « Les dépenses de fonctionnement ont progressé (nous sommes largement au-dessus de la moyenne nationale). Les dépenses d'investissement ont augmenté elles de 26 % en 4 ans !», insiste Michel Moyrand inquiet aussi du poids du personnel municipal. « Ces dépenses ont progressé de plus de 3 % par an en moyenne depuis 2004 » affirme le nouveau maire, regrettant que dans le même temps, « les recettes n'aient pas connu la même progression ». Bilan, l'élu socialiste dit la ville dans la rouge, et craint pire encore pour l'exercice suivant.
« On nous interpelle là pour 2007 mais en 2008, l'équipe en place a continué sur la même pente ! » prévient déjà le « tombeur » de Xavier Darcos.
Une personnalité politique actuellement de premier plan qui n'aide pas forcément les représentants de l'État à être très bavards sur le sujet.
30 communes concernées
« Pas du tout, nous aurions la même prudence s'il s'agissait d'une autre commune », explique Jacque Valade, reconnaissant qu'une trentaine de maires en Dordogne viennent de recevoir un tel courrier.
« Habituellement les élus ne rendent pas cela public, mais les circonstances là sont différentes », ne peut toutefois pas s'empêcher d'observer le préfet.
Pas certain que cela fasse rire Xavier Darcos, resté obstinément muet au sujet de Périgueux depuis les dernières municipales. Ni même Jean-Paul Daudou,
fidèle adjoint aux finances jusqu'à la défaite de mars. Monté au front, lui, plusieurs fois, depuis cette échéance cet élu UMP reprenait hier soir (lire ci-dessous) la défense de l'héritage.
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