Le MoDem du Périgord a tenu son forum départemental pour réunir ses nouveaux adhérents et préparer les élections

Du nouveau au centre
Le MoDem existe bien en Dordogne, nous l'avons rencontré samedi 17 novembre à Saint-Crépin-d'Auberoche. Les adhérents du Mouvement Démocrate créé par François Bayrou s'y retrouvaient pour leur premier forum départemental autour de leur président, Marc Mattera.
Surprise : il y avait du monde, beaucoup de têtes nouvelles et plutôt jeunes. « Nous avons enregistré 156 adhésions nouvelles depuis le début de l'année », confirme le président qui estime à 350 le nombre d'adhérents en Dordogne. Avec une particularité ici, l'UDF est restée fidèle à Bayrou et passe donc en force au MoDem. À tel point qu'on n'y connaît personne du Nouveau centre !
Ce sang neuf apporte une belle vitalité à ce mouvement encore en constitution. Mais ce n'est que début décembre que le congrès national va dissoudre l'UDF pour créer officiellement le MoDem. Un congrès suivra en Dordogne. En attendant, une bonne partie de la réflexion porte sur les élections. « Il est important d'avoir une lisibilité », explique le délégué départemental Jean Lafond-Grellety. Une charte des municipales, en cours de discussion, donnera la ligne : par exemple en matière d'ouverture, de transparence, d'écoute, de solidarité et d'environnement.
30 % des listes. Marc Mattera ne veut encore rien dire sur les candidatures MoDem. Aux cantonales, le mouvement ne sera pas présent partout mais privilégiera les cantons où il aura une chance d'exister. Bref, surtout là où des dissidents ouvriront le jeu. Il ne désespère pas « de voir des conseillers généraux rejoindre le MoDem, aussi bien de gauche que de droite. On ne peut pas être un parti sans élu ou des élus sans parti ».
Pour les municipales, Marc Mattera assure « avoir été sollicité par Garrigue et Rousseau (à Bergerac), Darcos et Moyrand (à Périgueux). Je leur ai fait la même réponse en exigeant de dix à quinze personnes du MoDem sur leur liste ». Ce qui fait environ 30 % des places, pour ne pas faire de la figuration. Mais, pour l'instant, pas de réponse et pas de décision.
Tête à droite, coeur à gauche. Le credo est aujourd'hui de se situer autrement que les partis de droite ou de gauche. Ce qui n'était pas forcément le cas de l'UDF, plutôt au centre droit et s'alliant surtout avec l'UMP. Jean Lafond-Grellety tient à un choix d'indépendance que l'on peut bien marquer dans la gestion d'une collectivité locale : « Les nouveaux adhérents viennent pour cela. »
Écoutons par exemple ce qu'en dit Olivier Sommer, chef d'entreprise de 43 ans de Vergt qui a adhéré juste avant les élections à l'UDF et a poursuivi au MoDem : « C'est la première fois que je m'engage quelque part. Je me sens la tête à droite et le c?ur à gauche. J'en avais assez des discours de vendeurs des politiques. Celui de Bayrou m'a plu : c'était le moins malsain. »
Olivier Sommer a ainsi découvert les joies du militantisme avec les distributions de tracts et les collages d'affiches, les réunions pour refaire le monde (comme à l'université d'été de Seignosse)? Il envisage déjà de se présenter aux municipales dans sa commune de Saint-Martin-des-Combes et attend avec impatience que le MoDem se structure. Et montrer qu'il existe bel et bien.
Hervé Chassain
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