Tractations Le troisième homme des municipales hésite entre Darcos et Moyrand, mais pencherait vers la gauche
Le choix de Demaret En obtenant 6 % des voix, Jean-Louis Demaret a compris vendredi soir qu'il était brusquement devenu quelqu'un d'important dans l'arène des municipales à Périgueux. « J'espérais plus, mais ça a fait tilt quand je suis sorti (du bureau centralisateur) et que les caméras et les micros sont venus vers moi. ».
Avec 45 % des voix pour Moyrand et autant pour Darcos, ses 6 % sont l'espoir de franchir la barre des 50 %. Il est alors devenu le troisième homme. « Hier soir, Michel Moyrand lui-même m'a appelé? J'ai aussi reçu des coups de fil de cinq ou six colistiers de Xavier Darcos, avant qu'il ne m'appelle lui-même ».
Il n'est pas peu fier de cet attrait soudain pour sa personne des médias et des autres candidats, alors qu'il avait été considéré comme quantité négligeable durant toute sa campagne. « Vous savez, je l'ai financée de ma poche. Ça m'a coûté 12 000 ?. Heureusement que j'ai dépassé les 5 %, je vais être remboursé ». Désormais, il discute d'égal à égal avec les uns, les autres et les journalistes, en direct sur ses deux portables? Et depuis son petit nuage.
« Trois solutions ». Mais Jean-Louis Demaret a les pieds sur terres. « J'ai trois solutions. Me retirer, fusionner avec l'un ou avec l'autre. » Ce qui veut dire demander des places. Il a donc entamé des discussions à deux reprises, hier, avec Michel Moyrand. « Mais je ne prendrai pas de décision sans un protocole écrit », annonce l'ancien chef d'entreprise. Il devait se décider hier soir après une réunion où ses colistiers votaient à bulletins secrets.
Avec Xavier Darcos, c'est au cours d'un dîner qu'ont eu lieu les tractations. Une rencontre aimable qui n'a pourtant pas débouché sur un accord. Xavier Darcos le disait peu après devant la presse : « Je ne peux pas faire équipe avec quelqu'un qui a fait une campagne ni gauche ni droite ». Il laisse la porte entrebâillée, mais ne semble pas y croire. Et il rappelle aussi que « personne n'est propriétaire de ses voix ». Et Xavier Darcos explique que Jean-Louis Demaret était autrefois à l'UMP. « Je ne veux plus en parler. Je ne suis resté que deux mois à l'UMP et je n'ai pas voté pour Sarkozy que je trouvais dangereux », assure Jean-Louis Demaret. Depuis il est entré au MoDem.
Mais il ne veut plus s'arrêter aux étiquettes : « Pour un maire, ce n'est pas important ». Voilà pourquoi, même dans l'hypothèse d'une place sur la liste de gauche, il se verrait très bien rester au MoDem : « Si je ne me fais pas exclure ». Il apprécie les options de développement durable de Michel Moyrand, mais beaucoup moins ses choix fiscaux : « Je suis pour un maintien des impôts locaux, pas pour leur augmentation ».
Du côté de chez Michel Moyrand, on est très précis : « Le préalable à toute discussion est l'adoption sans réserve de notre programme? Dès lors qu'un accord sera donné sur ce point, des discussions sur une éventuelle fusion pourront être examinées. »
Hervé Chassain Sud-Ouest du 11/03/08
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