A l'approche des municipales, le MoDem fait débat au PS
LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters dim. sept. 02, 2007 11:03 )
- A quelques mois des élections municipales, le Parti socialiste s'est interrogé ce week-end sur ses alliances, lorgnant à nouveau sur les 18% d'électeurs centristes de la présidentielle.
"J'imagine mal que nous allions à l'élection municipale avec comme mot d'ordre la fermeture alors que la droite claironnera l'ouverture", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis, lors de l'université d'été du PS qui s'achevait dimanche à La Rochelle.
François Hollande, qui conduira au printemps sa dernière bataille électorale à la tête du parti, a fixé trois conditions avant d'éventuelles alliances avec le centriste François Bayrou.
D'abord rassembler la gauche, puis préparer des projets aux niveaux local et national et enfin s'entendre sur "l'hostilité au pouvoir en place", explique le premier secrétaire.
Une telle feuille de route revient à demander au président du Mouvement démocrate (MoDem) de choisir entre la droite et la gauche, ce qu'il n'avait pas fait dans l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, il y a quatre mois, et interdit tout "accord à la carte" au plan local.
Tant que le "troisième homme" de la présidentielle 2007 espérera être de nouveau candidat à l'Elysée en 2012, il ne viendra pas vers le PS, estime le premier secrétaire du PS.
L'électorat du centre "va toujours à la force", analyse-t-il. Il ne faut "pas aller chercher Bayrou mais être suffisamment fort pour que les électeurs viennent" vers le PS.
RISQUE D'IMPLOSION
Partisan du "rassemblement le plus large", François Rebsamen, numéro deux du PS, s'est déclaré fin août favorable à des alliances avec le MoDem "sur la base de propositions communes" qui déboucheraient sur "un désistement au second tour pour celui qui arrive en tête".
"Il faut dire les choses avant le premier tour", explique de son côté le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a vu plusieurs membres de sa majorité de "gauche plurielle" dans la capitale faire défection pendant la présidentielle au profit du MoDem.
"Rien n'est possible dans la confusion (...) Comment voulez-vous discuter si vous n'avez pas de projet ?", s'interroge Bertrand Delanoë, qui réfute le parallèle italien, où s'est formé au printemps un grand parti allant des anciens communistes aux centristes.
Les proches de Dominique Strauss-Kahn, absent pour cause de campagne pour obtenir la direction du FMI, sont les plus ouvertement favorables au dialogue avec le centre.
Pendant la campagne électorale, ils avaient accueilli avec bienveillance l'appel de Michel Rocard à une candidature commune PS-UDF pour battre Nicolas Sarkozy, récusant plus le timing que le principe.
Dans la jeune garde, beaucoup en revanche réfutent la stratégie au centre, craignant une implosion du PS.
Si la direction socialiste cède à la tentation, "il y aura encore moins de parti après les municipales même si on gagne des villes avec eux", prévient Benoît Hamon, pilier de la gauche du PS.
Sur les questions sociales, "ils ont montré qu'on n'avait pas à travailler avec eux, qu'on avait des vraies divergences", souligne Sarah Proust, secrétaire nationale du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
Laure Bretton
Gérard Collomb et Michel Destot pourraient être les premiers à formaliser des accords locaux avec le MoDem
Gérard Collomb et Michel Destot, respectivement Maires de Lyon et de Grenoble, pourraient annoncer dés fin septembre 2007 les bases d'un accord avec le MoDem notamment sur la base de la constitution de larges listes d'union municipale.
François Hollande: objectif centre