La roue de secours de personne
CORINNE LEPAGE La présidente de Cap 21, fondatrice du Modem, regrette la défaite d'Alain Juppé aux législatives « Sud Ouest ».
Vous êtes aujourd'hui à Bordeaux avec les militants de Cap 21. Votre fusion avec le Modem est-elle entérinée ?
Corinne Lepage.
Pour l'instant, il n'existe que l'UDF et Cap 21. Il n'existe qu'un Modem en formation. Celui-ci n'existera que le jour où il y aura un congrès fondateur du Modem. Ce que nous avons décidé en juin, c'est de jouer le jeu et de participer à sa fondation, ce qui reste notre objectif.
Tout le monde rêve d'alliance avec le Modem, avant même sa création.
C'est une question délicate qui n'a pas encore été tranchée collectivement. Donc, il n'y a pas de position officielle du Modem pour l'instant.
Ma position personnelle, c'est que les alliances ne peuvent se faire que sur des projets et je ne suis donc pas partisane d'une alliance nationale avec tel ou tel pour des raisons politiciennes. Je souhaite que nous travaillions sur des projets et que nous voyions quels sont ceux qui sont proches du nôtre pour les municipales. Nous devons commencer par travailler et être clairs sur ce que nous voulons.
Ce serait différent selon les villes ?
Cela ne me choquerait pas.
Les socialistes souhaitent au contraire un éventuel accord national.
Je ne conçois pas le Modem comme la roue de secours de l'UMP ou du PS. L'intérêt du Modem, c'est d'être une construction complètement nouvelle, autonome et libre.
A Bordeaux, on a accusé Ludovic Guinard, votre candidat aux législatives, d'avoir contribué à la victoire de Michèle Delaunay.
J'avais pris une position très claire, qui était de souhaiter la victoire d'Alain Juppé. Avec lui, le nouveau ministère de l'Ecologie et de l'Aménagement aurait pu avoir un poids suffisant pour peser sur les décisions du gouvernement. Ludovic Guinard et le Modem local n'ont pas été d'accord avec moi, ce qui ne m'a pas empêchée de dire publiquement ce que j'avais à dire.
Le problème d'un mouvement en formation, c'est que les décisions au niveau national n'ont pas été réfléchies comme elles auraient pu l'être.
Vous avez été ministre d'Alain Juppé de 1995 à 1997. Qelle était votre impression à l'époque ?
Il avait pris conscience de la hauteur de l'enjeu. J'avais réussi à le convaincre sur plusieurs sujets. Notamment à propos du moratoire sur les OGM, et un an plus tard, Lionel Jospin avait pris une décision contraire. C'est aussi Alain Juppé qui avait décidé d'abandonner la ligne à très haute tension de Val-Louron, dans les Pyrénées. Il avait tranché également en ma faveur sur l'autonomie des autorités de contrôle du nucléaire et nous avons mis en place la première stratégie française du développement durable, un vrai travail de fond. Malgré tout, à l'époque, c'était pour lui un sujet mineur.
Et Jean-Louis Borloo ?
Ce ministère n'était peut-être pas son premier choix. Il s'y est complètement mis. J'espère qu'on va aboutir à quelque chose d'important.
Aujourd'hui, allez-vous rencontrer Alain Juppé ?
Oui, nous devons nous rencontrer cet après-midi à la mairie.
Avez-vous rencontré François Bayrou pendant ces vacances ?
Oui, à plusieurs reprises. Je ne sais pas encore ce qu'il dira au Forum des démocrates la semaine prochaine à Seignosse, mais nous sommes restés en contact tout l'été pour préparer cette rencontre.
Combien serez-vous à Seignosse ?
Pour le moment, notre souci, c'est que plus de 2 000 personnes sont inscrites et que nous ne pouvons plus en accepter. Nous essayons de trouver de l'hébergement et de la restauration à 15 ou 20 kilomètres pour accueillir tous ceux qui souhaitent nous rejoindre.
Du 05/09/07 Recueilli par Jean-Pierre Deroudille
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