Elections Cantonales Partielles :Le Modem existe

Publié le par brageirac

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 De nombreuses élections cantonales partielles se sont déroulées ces dernières semaines, le plus souvent en raison de l’élection d’un Conseiller général à l’Assemblée Nationale

Analyse de Laure Leforestier.
Candidate aux élections législatives à Rouen pour le Modem et très impliquée dans la réflexion qui accompagne l'émergence de ce nouveau mouvement politique.


Les cantonales partielles: une divine surprise pour le Modem
Fin septembre et début octobre 2007 s'est déroulée en France métropolitaine et outre-mer toute une série d'élections cantonales partielles dont la presse nationale n'a  quasiment pas rendu compte. Dans six des vingt-deux cantons se présentaient pourtant des candidats du Modem qui ont réussi des scores aussi inattendus que très encourageants  pour une si jeune formation dans de tels scrutins.
Les résultats disponibles sur le site du Ministère de l’Intérieur ne permettent pas de juxtaposer les résultats de ces cantonales aux résultats des législatives ou des présidentielles. On nous pardonnera d'avoir été chercher les données ailleurs, quitte à manquer des chiffres permettant des comparaisons portant sur des données exactement semblables. Les comparaisons que nous proposons nous paraissent néanmoins pertinentes
Les scrutins locaux partiels sont toujours marqués par une très faible mobilisation de l'électorat, ce qui a été le cas de ces élections avec une participation dépassant rarement les 30 %. S'il ne faut donc pas trop extrapoler les résultats obtenus par les candidats, et si les comparaisons avec les autres scrutins sont du coup assez hasardeuses, on peut néanmoins tirer l'enseignement des excellents résultats du Modem que son électorat se révèle solide d'un scrutin à l'autre, même au niveau local, et qu'il s'est même bien plus fortement mobilisé pour ces élections que celui des autres partis.
Le vote Modem s'avère plus qu'un feu de paille, et il n'est pas cantonné à l'élection présidentielle et au charisme personnel de François Bayrou. On constate certes que nulle part le Modem ne retrouve le niveau de votes atteint par le candidat à la présidentielle, mais le Modem conserve quasiment partout, quand il ne l'améliore pas, le niveau obtenu aux législatives, qui se situait de l'ordre de 8 à 10 points en retrait du score personnel de François Bayrou, soit autour de 10 à 12 % des suffrages exprimés en moyenne (le Modem ne présentait pas de candidat dans toutes les circonscriptions législatives).
Ces résultats, pour des élections sans enjeu politique et n'ayant bénéficié durant la campagne électorale d'absolument aucun relais médiatique d'ampleur, incitent à penser que le jeune Modem s'est durablement installé dans le paysage, et même, qui plus est, quand il devait affronter des candidats du Nouveau Centre.
L’analyse en détail canton par canton et ses commentaires est téléchargeable ici : Téléchargement cantonales_résultats_et_commentaires.doc 
Un score étonnant et très encourageant
Il reflète le niveau atteint par le Modem aux législatives et il le conforte. Compte tenu de la faible mobilisation habituelle à ce type d'élection, il traduit même une forte mobilisation de l'électorat Modem relativement à celle des électeurs des autres partis. Et cela traduit un engagement militant profond et sincère de ces électeurs.
Cet électorat est donc loin de s'être évanoui depuis la "séquence" présidentielle - législative. Bien au contraire, il saisit l'occasion d'un tel scrutin pour se manifester et s'affirmer. Il se révèle donc assez peu volatile, et peu influencé par le "bruit médiatique" créé autour des élections dont l'enjeu est national. C'est un électorat solide. Une "bonne base" sur laquelle François Bayrou peut raisonnablement s'appuyer pour engager la réforme profonde du paysage politique qu'il a engagée.
 
Le report des voix MoDem n’est pas automatique !
Il est intéressant également de se pencher sur le report des voix Modem au second tour. Selon le contexte politique particulier à chaque territoire, les voix se reportent de manière très différente.
Nous aurions tendance à conclure que cet électorat Modem, capable de se mobiliser plus fortement que les autres électorats de partis traditionnels ne s’en laisse pas conter et que ce report de voix très peu homogène démontre qu’il juge et décide par lui-même en fonction du contexte quelle candidature il privilégiera au deuxième tour. Ce serait donc un leurre de la part des instances dirigeantes du Modem de croire que des alliances de convenance feront ou déferont les élections. Ce sont les électeurs eux-mêmes qui décident en conscience car ils ne connaissent pas de discipline de vote et s’affirment ainsi en citoyens usant pleinement de leur libre-arbitre. 
Enfin, au vu de cette encourageante progression du Modem dans les scrutins électoraux, toute liste d’union au premier tour avec l’un des deux poids lourds UMP PS aurait un effet ravageur : aucune lisibilité quant au poids de cette troisième force politique française qui confirme sa progression et un risque important de perte des voix, les électeurs Modem se sentant grugés dans ces choix de convenance imposés d’en haut. 
Ecrit à deux claviers par Guy et Laure Leforestier
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Publié dans MoDem

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