Municipales À Périgueux comme à Bergerac, les maires UMP sortants sont en difficulté. À Trélissac, c'est le maire communiste Francis Colbac qui croise les doigts
L'art du suspenseOn s'attendait à des municipales haletantes. On est servi. Petit tour d'horizon de quelques « points chauds ». Parmi les maires sortants de droite, Jean-Jacques de Peretti (Sarlat), Pierre Giry (Nontron), Pierre Delmon (Terrasson) ou Jérôme Peyrat (La Roque-Gageac) ont été réélus dès le premier tour. Un sort que leur envient Xavier Darcos (lire en cahier général page 1-5) et Daniel Garrigue.
À Bergerac, le maire sortant UMP est certes en tête (40,74 %) mais le socialiste Dominique Rousseau (37,73 %) semble en position de pouvoir l'emporter. Il dispose en effet de réserves avec les 5,60 % de la verte Bérénice Vincent (mais il faudra discuter) et les 4,23 % du trotskiste Bernard Albrigo. Le divers droite Léon-Pierre Durin, très déçu hier, se maintient au second tour avec 11,72 %.
À Sarlat, Jean-Jacques de Peretti a été réélu dès le premier tour, obtenant même un meilleur résultat qu'en 2001, avec 53,94 % des suffrages. L'union PS-PC, menée par Jean-Fred Droin, n'a pu faire mieux que 32,02 %. Le Vert Frédéric Inizan et Jean-Paul Valette, de la LCR, se situent en queue de peloton avec respectivement 7,35 et 6,70 % des voix.
À Trélissac, personne n'a été élu au premier tour. Le maire communiste sortant Francis Colbac arrive en tête avec 45,61 % des voix. Pierre Maly, à la tête d'une liste arc-en-ciel se place en seconde position avec 30,59 % des voix. La liste conduite par Élisabeth Cazenave ne recueille que 23,80 % des voix. Pierre Maly a décidé de se maintenir et de ne pas faire d'alliance. Quant à Élisabeth Cazenave, elle n'avait pas encore pris de décision hier soir.
À Coulounieix-Chamiers, les premiers résultats ont vite donné Michel Dasseux en tête, loin devant ses deux adversaires, le maire sortant dépassant même dans certains bureaux très largement les 50 %. Fort discrets, les partisans de la liste de Rodolphe Fumarède broyaient du noir en regardant s'égrener les chiffres qui, déjà, annonçaient une dégringolade de la droite dans la cité : leur candidat ne totaliserait finalement que 22,01 %. Quant à l'ex-lieutenant de Michel Dasseux, Jean-Pierre Roussarie, il remporte 22,01 % des suffrages. Souriant, décontracté avec ses 45,37 %, le maire sortant pouvait envisager le second tour avec une certaine quiétude, même si les deux autres candidats sont en mesure de se maintenir.
À Prigonrieux, la situation est complexe. Le dissident socialiste Jean-Paul Rochoir arrive en tête (32,08 %), suivi par le socialiste officiel Jean-Claude Fonvieille (29,86 %), puis par le patron du Medef périgourdin Jean-Paul Goubie (25,60 %) et par Jean-Marie Lecomte (12,45 %). Bref, ils peuvent tous se maintenir et les discussions, qui promettent d'être âpres, sont ouvertes avec tous?
Cantonales : quatorze élus et la gauche progresse encore
Sur les 24 conseillers généraux renouvelables hier, déjà 14 ont retrouvé leur siège : quatre de l'opposition départementale UDD (dont son leader Dominique Bousquet et Claudine Le Barbier), un du MoDem (le président départemental Marc Mattera) et neuf de la majorité départementale. Le président de l'assemblée départementale Bernard Cazeau, le mieux réélu de tous hier à Ribérac, arborait un sourire très satisfait à la lecture de ces résultats. D'autant que nombreux cantons sont en ballottage très favorables pour la gauche.
Bernard Cazeau est très optimiste pour Excideuil et Eymet grâce au report des voix du Parti communiste arrivé en deuxième position. Il est aussi très confiant pour Issigeac et même pour le canton de Mareuil, pourtant ancré à droite. Jean-Paul Couvy y réalise un excellent score face au sortant Philippe de Courcel (UMP).
Dans le canton de Périgueux centre, ballottage également, mais le candidat UMP Jean-Paul Daudou pourrait conserver le siège à l'opposition avec l'appoint des voix de l'UMP. Mais à Thiviers, la gauche semble en très bonne posture avec Colette Langlade (la future députée de la troisième circonscription) pour remporter ce canton qui était à droite.
« Le plein des voix ». Le canton de Champagnac-de-Belair reste en question, puisque la gauche s'y présentait divisée entre un nouveau candidat socialiste et l'ancien conseiller général, désormais sans étiquette. Ce qui permettra peut-être à Christian Mazière de retrouver son siège au second tour.
À noter aussi que le député Pascal Deguilhem est en ballottage (favorable) à Neuvic et Georges Colas est dans la même situation à Saint-Pardoux.
Tout ceci fait dire à Bernard Cazeau que « la gauche confirme sa progression constante amorcée depuis les années 2000 et amplifiée lors des scrutins de 2007 » (notamment aux législatives où un siège de député a été gagné). Il pense que « la droite a fait le plein de ses voix » reste très optimiste pour le second tour des cantonales.
Plus largement et pour les municipales il note aussi « la désaffection des Périgordins pour le sarkozysme et le travail d'équipes talentueuses qui rendent très vraisemblables la conquête de plusieurs villes d'importance dimanche prochain ». Le président du Conseil général en fait un test politique : « ce sera pour conforter la majorité départementale mais aussi infliger une sanction au gouvernement et à ses représentants ».
Sud -Ouest du 10/03/08
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