Municipales Bergerac Le maire sortant UMP Daniel Garrigue stagne et la gauche en tout engrange 1 200 voix de plus qu'en 2001. Léon-Pierre Durin perd 250 voix
Garrigue vacille Comment l'UMP Daniel Garrigue pourra-t-il conserver sa mairie dimanche prochain ? à regarder les chiffres en détail, l'équation est pour lui extrêmement compliquée, voire impossible selon certains.
Voilà le paradoxe : Daniel Garrigue, en tête dans treize des vingt bureaux et sur le dépouillement global, se retrouve en ballottage largement défavorable. En fait, il stagne par rapport à 2001. Il ne gagne que 63 voix par rapport à 2001 alors que 716 personnes de plus ont voté. Bref, en totalisant 5 144 voix, il conserve sa base sans l'élargir.
La claque pour Durin. Résultat, en pourcentage, il recule de trois points, tout en gardant sa première place. Contrevenons aux règles et comparons ce scrutin-ci à celui des législatives de juin 2007. Le député sortant avait alors réuni au premier tour dans sa ville 5 370 voix, soit 226 de plus que dimanche. Son score peut apparaître d'autant plus décevant que le divers droite Léon-Pierre Durin recule aussi.
La claque est en effet cinglante pour ce dernier. Lui qui se voyait à 20 % et plus voit son électorat se rétrécir sérieusement. Léon-Pierre Durin réunit 1 480 voix, soit 251 de moins qu'en 2001. Il recule de plus de trois points (de 14,91 % à 11,72 %).
Sa tentative de se décoller l'étiquette mégrétiste MNR qu'il avait en 2001 ne l'aura donc pas fait progresser. Peut-être peut-on aussi voir dans cette gifle le recul général en France de l'électorat de la droite dure. Amasser les soutiens et les colistiers UMP, CNI, MoDem ou MPF ne lui a donc pas permis de mordre sur la droite modérée.
à gauche, le sourire le plus large est pour la Verte Bérénice Vincent. Atteindre les 5 % et donc être en position de fusionner avec le socialiste Dominique Rousseau était, selon ses propres mots, « une gageure ». Partie tard avec peu de moyens, dans un contexte de vote utile, elle a réussi son pari avec 707 voix (5,60 %).
Les sentiments sont plus mitigés du côté de la liste soutenue par la LCR et conduite par Bernard Albrigo. 534 Bergeracois ont voté pour elle, mais elle ne passe pas la barre des 5 % en plafonnant à 4,23 %. Bernard Albrigo et ses colistiers ne peuvent donc pas imposer de bras-de-fer à la liste de gauche modérée en vue d'une fusion.
Un boulevard pour Rousseau. Le socialiste Dominique Rousseau est donc aujourd'hui en position de s'imposer. Il réunit 4 765 voix. En 2001, les deux listes de gauche conduites par Michel Suchod et par Christiane Doré s'étaient partagé un gâteau au goût amer avec respectivement 2 952 voix (25,43 %) et 1 844 voix (15,89 %). À elles deux, elles totalisaient 31 voix de plus que Dominique Rousseau aujourd'hui, mais il n'y avait ni liste verte, ni liste LCR, à l'époque.
En comptant les voix des trois listes dimanche, la gauche gagne 1 210 voix. Elle s'est donc bien plus mobilisée qu'en 2001 où la guerre entre les listes Suchod et Doré avait désespéré l'électorat de gauche.
Notons enfin une chose étonnante : globalement, Dominique Rousseau n'arrive en tête dans aucun des bureaux de son canton. Est-ce de nature à l'inquiéter pour dimanche prochain ? Pas sûr?
David Patsouris Sud-Ouest du 11/03/06
Affaibli et déçu, Léon-Pierre Durin demeure l'arbitre du scrutin
Comment envisager le second tour dimanche prochain ? D'abord, même affaibli, même très déçu de son score, le divers droite Léon-Pierre Durin sera l'arbitre ce jour-là. Le suspense n'a pas duré des heures dimanche : il se maintient évidemment. L'UMP Daniel Garrigue avait de toute façon clarifié les choses avant le premier tour en clamant qu'il ne perdrait pas son âme en s'alliant avec Léon-Pierre Durin. Un rebondissement à ce niveau serait donc très surprenant.
Les voix de droite se répartiront donc. Bien sûr, parce que c'est le second tour et que le vote utile et ultime influencera plus encore le scrutin que dimanche, Léon-Pierre Durin devrait perdre des plumes (et des voix). Mais celles-ci iront-elles vers Daniel Garrigue ? Rien n'est moins sûr. Bien des électeurs de Léon-Pierre Durin ont d'abord voté contre Daniel Garrigue.
Le maire sortant n'a donc finalement pas tant de latitude que ça sur sa droite. Il en a peu sur sa gauche, contrairement à 2001. Il avait alors gagné 1 079 voix entre les deux tours, notamment parmi les électeurs de Christiane Doré. Ce ne sera probablement pas le cas dimanche. Il lui reste à puiser chez les abstentionnistes. Entre les deux tours en 2001, 20 personnes de plus avaient voté. Et ce dimanche, la participation a déjà été forte (33 % d'abstention). Ses adversaires sont tous d'accord : il a fait le plein de ses voix. Reste que Daniel Garrigue n'a rien d'une brebis apeurée et qu'il va se battre jusqu'au bout en mobilisant son électorat et en tentant de ramener des indécis.
Dominique Rousseau, s'il n'est pas arrivé en tête ce dimanche, peut envisager l'avenir avec sérénité. La gauche toutes listes confondues réunit 6 006 voix. Peut-elle en perdre ? Avec la dynamique d'un succès désormais possible mais il y a encore peu inespéré, il serait étonnant que les électeurs de gauche ne se mobilisent pas sur Dominique Rousseau au second tour. Quelles que soient les consignes de vote des autres têtes de liste. Dimanche soir, après les résultats, la consigne du socialiste était claire : « Je ne veux voir personne traîner à la permanence. Il faut être sur le terrain et ne pas faiblir. »
Sud-Ouest du 11/03/08
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