Municipales Bergerac La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Et nombreux sont ceux qui ne peuvent croire à l'explication officielle donnée par Léon-Pierre Durin

Publié le par brageirac

   Questions sur un retrait

Les jours se suivent et ne se ressemblent décidément pas. Et à Bergerac sans doute plus qu'ailleurs. Mardi matin, Léon-Pierre Durin, candidat divers droite aux élections municipales, annonçait qu'il continuait le combat, fort des 10,72 % des suffrages qu'il avait recueillis. Hier, lors du débat organisé par « Sud Ouest », France Bleu et France 3, il lisait une déclaration qui allait faire l'effet d'une bombe (lire en pages 2-2 et 2-3), annonçant purement et simplement le retrait de sa liste. Que s'est-il passé entre les deux jours ? Une nuit, répondrait M. de La Palice.

Dans la nuit. Et c'est vraisemblablement au cours de cette nuit que la décision a été prise. Une décision visiblement douloureuse pour l'intéressé. Hier après-midi, affecté aussi par un deuil familial, l'homme semblait humainement blessé. Si l'on évoquait devant lui l'éventualité de pressions voire de menaces, il se rétractait avec virulence. « Absolument pas et quiconque écrira ou dira quelque chose en ce sens, je le poursuivrai en diffamation. » Quoi donc alors ? Ce fin politique savait bien que l'on aurait bien du mal à le suivre, lorsqu'il affirmait que sa décision était liée à la déclaration de Nathalie Mallard (NDLR : numéro 2 sur la liste soutenue par la LCR, qui a annoncé qu'elle voterait dimanche pour Dominique Rousseau pour défendre certaines valeurs, comme le relatait « Sud Ouest » mercredi). Il le répétait pourtant hier après-midi : « Quand je l'ai entendue bafouer le drapeau, les valeurs de mon pays, j'ai senti revenir une gauche sectaire et je me suis dit qu'il y avait danger pour Bergerac ! » Même avec ces accents-là, une telle justification, quatre jours avant le scrutin alors même qu'il avait déposé sa liste la veille à 17 h 15, paraît improbable. D'autant que ce retrait représente pour nombre d'observateurs un véritable « suicide politique ». Léon-Pierre Durin réfute cet argument. « Je ne suis pas Jospin. Regardez comment De Gaulle a été réélu après sa traversée du désert en 1957 ! »

Sous le choc. Les colistiers qui l'entourent semblent eux aussi sous le choc. Aucun n'ira au-delà de la parole du chef, observant la discipline de rigueur jusque-là. Jointe au téléphone, Bernadette Biato dit l'avoir appris à la radio et avoue sa surprise. Un autre de ses colistiers aimerait faire une déclaration, mais « la soumettra d'abord à Léon-Pierre ». D'autres qui ne souhaitent pas être cités avouent leur étonnement. Hier soir, Jean-Marie Brousse, chargé sur la liste des affaires économiques et de la sécurité, ne cachait pas son dépit. « Nous avons analysé le score du premier tour précisément et nous ne voulions pas tomber au-dessous d'un résultat trop bas. Nous en avons parlé toute la nuit. C'est moi qui l'ai encouragé à se retirer. Vous savez, il n'a pas voulu négocier quoi que ce soit. C'est un grand monsieur que je respecte. » Il ne retient pas ses larmes. « Mais comme il vous l'a dit, vous en saurez plus après le second tour. » Preuve que le secret n'est pas levé.
Hier soir, Jean-Marie Brousse allait décrocher le drapeau tricolore au-dessus de la permanence de Léon-Pierre Durin.

Christine Lamaison Sud Ouest du 13/03/08

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